
La communication par le langage
Le langage permet aux humains de communiquer entre eux. Il est utilisé à bon escient par toutes les professions avec un apprentissage tout particulier pour les métiers des commerciaux. Ces personnes doivent leur carrière à leur compétence à transmettre des produits non palpables mais indispensables comme les assurances crédit.
A l’opposé de la marche ou de la respiration, il n’est pas fonction biologique, mais « institution » humaine au sens le plus profond. L’être humain marche parce que son organisme, grâce à la conformation de ses muscles et des parties appropriées du système nerveux, est adapté après la naissance, aux mouvements de la marche. Le langage ne fonctionne pas de la même façon. Les organes qui permettent la production des sons du langage, poumons, larynx, palais, nez, dents et les lèvres, ne sont pas des organes spécifiques au langage. Les poumons servent avant tout à respirer, les dents à broyer les aliments. Alors qu’il apprendra sans peine à marcher, il y a peu de chances pour qu’un enfant, vivant en dehors de toute société, apprenne à parler.
Héritage historique, culturel, le langage varie d’un groupe social à un autre, tout autant que les religions, les mœurs et les traditions. Cette activité humaine, grâce à laquelle l’homme comprend ses semblables et communique avec eux, existe aussi bien chez le Buschmann d’Afrique du Sud que chez L’Américain.
Le langage sert à découper l’expérience humaine, et chaque langue correspond à une organisation particulière de cette expérience. Par exemple, le mot français bois désigne aussi bien une forêt que la matière dont sont faits les meubles, on parle du bois de charpente, et aussi des bois du cerf. En Italie, pour désigner cette « réalité linguistique », plusieurs mots seront à disposition pour reprendre chaque signification du mot « bois ». De même, les Esquimaux ont plusieurs termes pour désigner le mot « neige ».
Les langues ne décalquent pas la réalité; elles ne sont pas universelles. Entre elles, les différences n’impliquent pas seulement une diversité de désignation mais une nouvelle façon de voir les choses.
On parle du langage des fleurs, du corps en danse, des oiseaux ou de la musique. Il s’agit d’un système de communication comme celui des humains, mais on ne peut en aucun cas faire de comparaison.
Par opposition aux animaux, qui émettent des cris inarticulés et aux tout-petits enfants, qui balbutient quelques sons pendant les premiers mois, le langage humain est un langage articulé, et cela doublement. C’est cette double articulation qui fait la spécificité du langage humain.
Selon la définition d’un linguiste contemporain, André Martinet, « la première articulation du langage est celle selon laquelle tout fait d’expérience à transmettre, tout besoin qu’on désire faire connaître à autrui, s’analysent en une suite d’unités douées chacune d’une forme vocale et d’un sens (...) Mais la forme vocale est elle- même analysable en une succession d’unités dont chacune contribue à distinguer par exemple « animal» d’autres unités comme « animé», « moto» ou « midi». C’est ce que l’on désignera comme la deuxième articulation du langage. »
La double articulation du langage est acquise par des processus d'initiation psychologique importants. L’enfant n’apprend pas à parler comme un adulte apprend une langue étrangère; il part de zéro, de productions vocales inarticulées. A trois ans, il prononce, et emploie correctement, tous les phonèmes de la langue; entre deux et quatre ans, il parvient progressivement à articuler. Prononçant, vers le neuvième mois, son premier « mot », l’enfant enrichit très rapidement son vocabulaire; il ne possède à un an que quelques mots; il en connait en moyenne 200 à deux ans et mille à quatre ans.
Cette acquisition dépend en grande partie de processus psychologiques et sociaux, liés aussi bien à l’évolution de l’intelligence qu’à celle du milieu social.
Les troubles du langage
Les troubles du langage que l’on nomme aphasies proviennent, pour la plupart, de lésions cérébrales localisées dans différentes zones de l’hémisphère gauche du cerveau. A chacune de ces zones correspond un type d’aphasie. L’aphasie amnésique, est par exemple liée au manque de mots dans le langage courant, est due à des lésions temporales; la surdité verbale pure provient de lésions temporales corticales. Ces troubles relèvent de la neurophysiologie, mais les méthodes propres à la linguistique, science du langage, sont souvent utilisées dans les recherches sur les aphasies.
Etudiée depuis l’Antiquité par les philosophes qui se sont penchés sur les problèmes du langage, la linguistique ne fut pendant longtemps, qu’une étude de l’évolution du langage. C’est grâce à Saussure (1857-1913) qu’elle est devenue l’étude du fonctionnement du langage. Insistant sur la notion de système qui caractérise le langage humain, Saussure, le premier, mit en évidence les « unités » qui constituent la chaîne parlée.
Autre grand linguiste qui permit de faire avancer la connaissance scientifique du langage, Troubetzkoy (1890-1938) définit la notion de phonème, « signe linguistique invariant », suivi de très près par des ethnologues américains, Sapir et Bloomfield.
Les recherches des linguistes prennent parfois des voies complètement étrangères généralement d’accord sur les théories du système phonologique de la langue, les linguistes s’opposent sur le système syntaxique la syntaxe distributionnelle de Bloomfield, la grammaire générative de Chomsky et la syntaxe fonctionnelle de Martinet décrivent très différemment l’organisation des phénomènes du langage.
La linguistique fait partie aujourd’hui des sciences sociales et ses concepts sont utilisés avec brio par l’ethnologie, la sociologie, la psychanalyse et même l’analyse littéraire.